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Quelles différences entre ophtalmologue et opticien ?

Le 27/07/2022

Les médecins ophtalmologues et les opticiens lunetiers ont des missions bien précises et distinctes concernant la santé visuelle des patients. Les premiers diagnostiquent et traitent les pathologies oculaires, ils pratiquent la chirurgie de l’œil et évaluent la vue de leurs patients pour leur prescrire un équipement optique. Les seconds conseillent en boutique les personnes munies d’une prescription pour des lunettes avec verres correcteurs ou des lentilles de vue. Ils mesurent l’acuité visuelle pour adapter les ordonnances sous certaines conditions. De plus, ils accueillent aussi les clients qui souhaitent acheter des solaires ou se renseigner sur des équipements, produits d’entretien, lampe basse-vision, réparation de montures et informations sur la prise en charge par la Sécurité sociale et la mutuelle.

Le métier d’ophtalmologue 

Qu’est-ce qu’un ophtalmologue ?

L’ophtalmologue, appelé aussi ophtalmologiste ou encore oculiste, est un médecin spécialiste des yeux. Il a effectué un parcours de médecine générale (bac +7 après un bac scientifique et une année de PASS ou L.AS). Puis, il a suivi une spécialité en ophtalmologie (3 années supplémentaires) à laquelle s’ajoute en général une spécialité en pédiatrie (Diplôme d’études spécialisée) en 2 ans. Au total, la durée des études atteint 12 ans, sans redoublement. Les études de médecine sont réparties en 3 cycles : cycle 1 (1ʳᵉ année de PASS ou L.AS puis DFGSM 2 et 3), cycle 2 (externat : 3 ans pour obtenir le DFASM et le CCC ainsi que l’ECNi), cycle 3 (internat). D’une durée de 3 à 6 ans en fonction de la spécialité suivie, l’internat débouche sur l’obtention du Diplôme d’Études Spécialisées (DES) et le Diplôme d’État de docteur en médecine.

Les médecins ophtalmologistes traitent les maladies de l’œil et les affections de la vision. Ils prennent en charge la totalité des problématiques de la santé de l’œil :

  • Mesure de l’acuité visuelle (vision de loin et vision de près) pour détecter une myopie, un astigmatisme, une presbytie ou une hypermétropie et prescrire une correction ;
  • Examen approfondi de l’œil (mesure du tonus oculaire, fond de l’œil, voies lacrymales) pour observer à travers la pupille les structures internes de l’œil (le vitré, la rétine et le nerf optique). Cela sert à dépister des pathologies comme le glaucome, des lésions de la rétine ou encore des tumeurs ;
  • Mesure de la tension oculaire (glaucome, personnes diabétiques) ;
  • Évaluation  du champ visuel qui peut révéler une hypertension intraoculaire, des neuropathies optiques ou la DMLA ;
  • Examens complémentaires : échographie oculaire, radiographie de l’orbite, angiographie pour détecter des pathologies comme la kératite, la cataracte, la dégénérescence maculaire, le décollement de la rétine ;
  • Traitement des affections de la paupière comme l’orgelet ;
  • Actes chirurgicaux : interventions pour traiter la cataracte, le glaucome ou une rétinopathie.
  • Adressage orthoptistes pour bilan et estimation de la pertinence de séances de rééducation

Quand consulter un ophtalmologue ?

En cas de troubles ou gênes visuels, de vision floue de près ou de loin, de champ visuel incomplet, ou encore de yeux irrités ou qui ont changé d’aspect… : tous ces symptômes nécessitent une prise de rendez-vous chez l’ophtalmologiste. D’autre part, les porteurs de lunettes ou de lentilles qui constatent une baisse de leur vue, sont susceptibles de consulter le médecin. Celui-ci déterminera les causes de ce changement (survenue de la presbytie, cataracte, accentuation de la myopie, fatigue visuelle…). Par ailleurs, un contrôle tous les trois ou cinq ans selon l’âge permet de renouveler une ordonnance et obtenir un équipement visuel neuf.

Pour les enfants, on recommande de consulter systématiquement en cas de prématurité, de malformation de la tête, si la pupille est blanche ou encore si le mouvement des yeux est anormal ou que l’enfant se frotte fréquemment les yeux. À partir de 3 ans, le médecin effectue un dépistage des troubles visuels, il évalue l’acuité visuelle et prescrit éventuellement des lunettes. Puis, il pratique un contrôle annuel pour adapter la correction. Par ailleurs, en cas d’hérédité de pathologies oculaires (kératocône, dystrophie de la cornée ou de la rétine) ou de survenue de troubles (fatigue, irritation…), l’ophtalmologue procèdera à toutes les vérifications nécessaires dans son cabinet d’ophtalmologie. Il cherchera à déterminer la cause du problème à l’aide d’une batterie de tests et mesures. 

Pour information, la durée de validité d’une ordonnance d’ophtalmologiste varie en fonction de l’âge du patient et du type d’équipement.

Pour les verres correcteurs, la règle est la suivante (sauf mention contraire sur la prescription) :

  • 1 an pour les moins de 16 ans ;
  • 5 ans pour les 16-42 ans ;
  • 3 ans pour les plus de 42 ans.

Pour les lentilles de contact, la durée est d’1 an pour les moins de 16 ans et de 3 ans pour les plus de 16 ans, sauf indication contraire.

Les examens visuels chez l’ophtalmologue

Le médecin ophtalmologiste conduit diverses explorations et mesures pour établir un diagnostic et déterminer une solution thérapeutique (traitement médicamenteux, soins, chirurgie, rééducation, verres correcteurs).

Il commence par évaluer l’acuité visuelle en vision de loin sur une échelle d’acuité placée à 5 mètres (échelle de Monoyer allant de 1 à 10/10). Puis, il teste la lecture (échelle de Parinaud) pour évaluer la vision de près. En cas de défaut visuel, l’essai de plusieurs verres correcteurs permet de déterminer les degrés de correction reportés sur l’ordonnance. Ensuite, le médecin vérifie le champ visuel en testant la vision sur les côtés, le haut et le bas dans des positions excentrées. Ce dépistage est complété par une recherche plus approfondie en cas de doute.

L’ophtalmologue mesure ensuite la réfraction et la courbure de la cornée à l’aide d’un réfractomètre automatique. Les mesures obtenues servent à établir la prescription de lunettes, de lentilles de contact, ou à calculer les caractéristiques d’un implant avant une opération de la cataracte.

Puis, il examine les milieux oculaires avec une lampe à fente afin de s’assurer du bon état de la cornée et du cristallin. De plus, il mesure la pression intraoculaire, grâce à un tonomètre à air pulsé, qui projette de l’air sur l’œil, ou un tonomètre à aplanation (sous instillation d’un collyre anesthésique). Enfin, si nécessaire, l’ophtalmologiste peut pratiquer un fond de l’œil, après instillation d’un collyre dilatant les pupilles. Cet examen permet d’examiner la rétine et le nerf optique au microscope. D’autres analyses peuvent encore être réalisées en fonction des premiers résultats (scanner, planches de couleur pour dépister le daltonisme…).

Le métier d’opticien

L’opticien-lunetier travaille en étroite relation avec le médecin ophtalmologue pour aider les personnes à trouver l’équipement optique le plus adapté à leurs troubles visuels, pathologies et habitudes de vie.

Qu’est-ce qu’un opticien ?

L’opticien a suivi une formation de 2 ans pour obtenir son BTS opticien-lunetier qui est un diplôme d’état de niveau IV (bac +2).

L’opticien conseille et accompagne dans le choix et l’adaptation des équipements optiques. Son diplôme d’opticien lui confère des connaissances scientifiques et techniques pour comprendre les besoins des patients et améliorer leur confort visuel.

À partir de l’ordonnance de l’ophtalmologue, l’opticien conseille et oriente vers une monture et des verres adaptés. La monture doit convenir aux exigences techniques de la prescription, mais aussi être confortable et esthétique pour correspondre à la morphologie du visage et aux goûts personnels (couleur, forme, design global de la monture). D’autre part, l’opticien informe sur la qualité et le coût des différents types de verres (amincis, anti-reflets, indices solaires, anti-rayures). Une fois la totalité des éléments choisis, l’opticien traite le dossier pour la prise en charge par l’Assurance maladie et la mutuelle.

Puis, il passe à la phase technique de la fabrication de la paire de lunettes. Soit il réalise lui-même le montage en atelier, soit il le fait réaliser. Avec des gestes précis, il procède au centrage des verres puis ceux-ci sont axés, découpés, meulés et insérés dans la monture. Enfin, le patient essaie la paire de lunettes et l’opticien réalise d’ultimes réglages au niveau du nez et des branches de la monture.

Concernant la partie contactologie, les professionnels de la vision assurent le suivi du porteur de lentilles pendant toute la phase d’adaptation. L’objectif est de veiller au confort visuel et oculaire du patient, de l’informer sur les techniques de pose, l’entretien et l’hygiène. Il vérifie également l’acuité visuelle et l’absence de troubles ou de gêne qui nécessiteraient d’essayer un modèle ou une marque de lentilles différents.

Quand consulter un opticien ?

On consulte un opticien-lunetier dans l’un de ces trois cas :

  • Après un rendez-vous chez l’ophtalmologue qui a émis une ordonnance pour des lunettes et des lentilles ;
  • Dans le cadre du renouvellement d’une prescription de moins de 5 ans pour les lunettes et 3 ans pour les lentilles, sous certaines conditions ;
  • Pour obtenir des conseils sur le choix des montures, des solaires, des produits d’entretien, l’adaptation des lentilles, réparations, etc.

Les examens de la vue possibles chez un opticien

Depuis 2007, un décret stipule que l’opticien-lunetier « peut adapter la prescription médicale des verres correcteurs ». Toutefois, il doit respecter certaines conditions générales :

  • Examen visuel effectué dans le cadre d’un renouvellement d’équipement optique (verres correcteurs, progressifs et lentilles souples ou rigides) ou cas d’urgence (perte ou bris) ;
  • Âge du patient : plus de 16 ans, avec une ordonnance médicale de moins de 5 ans. Moins de 3 ans pour les patients âgés de plus de 42 ans ;
  • Vérifier que le prescripteur n’a pas rédigé une mention expresse excluant la possibilité d’une adaptation ;
  • Pour les personnes atteintes de presbytie, le médecin ophtalmologiste doit avoir prescrit une première correction. S’il y a suspicion de presbytie ou autre maladie oculaire, l’opticien les orientera vers le médecin pour une consultation d’ophtalmologie.

L’opticien spécialisé en optométrie doit veiller aussi à suivre des règles précises de prise en charge :

  • Informer le médecin prescripteur du changement de correction par rapport à l’ordonnance initiale ;
  • Pratiquer l’examen de la vue dans un espace adapté (isolement phonique et visuel) au sein du magasin ou dans un local attenant préservant l’intimité des personnes ;
  • S’identifier comme opticien optométriste à travers le port d’un badge signalant son titre professionnel ;
  • Ne pas pratiquer de publicité concernant les capacités de l’opticien à déterminer la réfraction.

En résumé, quelles sont les différences entre ophtalmologue et opticien ?

L’ophtalmologue et l’opticien sont deux spécialistes de la santé visuelle. Toutefois, l’ophtalmologue est un médecin, à la différence de l’opticien qui appartient au secteur paramédical. Il a en charge la santé des yeux dans son ensemble. Ce qui englobe le diagnostic et le traitement des affections et pathologies (dont chirurgie ophtalmologique), en plus des troubles de la réfraction (amétropie). L’ophtalmologue est un médecin spécialisé ayant effectué ses 12 années d’études de médecine. Tandis que l’opticien est titulaire au minimum d’un BTS OL et s’attache essentiellement à la correction des troubles visuels pour lesquels il pratique exclusivement le contrôle de l’acuité visuelle. C’est un métier de la vision axé sur la réfraction et éventuellement la basse vision et la contactologie pour les opticiens optométristes (titulaires d’une licence professionnelle d’optique), à ne pas confondre avec les orthoptistes chargés de la rééducation oculaire.

 

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