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Quelles études pour devenir orthoptiste ?

Le 20/10/2022

En quoi consiste le métier d’orthoptiste ?

L’orthoptiste fait partie des métiers de l’optique et de la vision, réglementés par le code de la santé publique (secteurs médical et paramédical). Il intervient sur prescription d’un ophtalmologiste pour dépister des troubles oculomoteurs (strabismes, fatigue oculaire, troubles de l’accommodation) et déficits visuels. Il réalise des explorations fonctionnelles (vision) et anatomiques (globe oculaire) et mesure le champ visuel afin de mettre en place des actes de rééducation et de réadaptation de la vue. 

Quelles sont les principales missions de l’orthoptiste ?

Les missions de l’orthoptiste recouvrent un champ bien spécifique à cette profession. Il travaille en concertation avec le médecin ophtalmologue qui indique son patient via une prescription médicale pour un bilan et des séances de rééducation.

Lors d’un rendez-vous chez l’orthoptiste, celui-ci peut effectuer un ou plusieurs des actes suivants :

  • Dépistage des troubles de la vision (amblyopie, fatigue oculaire, défaut de convergence…) lors d’un bilan orthoptique complet (évaluation des capacités visuelles et des pathologies oculaires, vérification de la tension oculaire) ;
  • Proposition d’un projet de rééducation orthoptique (diagnostic, définition et attendus) ;
  • Mise en œuvre et suivi des exercices de rééducation des muscles des yeux ;
  • Vérification des résultats grâce à des examens ciblés (mesure de la pression interne de l’œil, de l’épaisseur de la cornée, réalisation de radios et/ou d’un fond de l’œil) ;
  • Conseils pour maintenir sa vision et limiter les gênes ressenties ;
  • Mesure de l’acuité visuelle et réfraction pour déterminer l’amétropie (myopie, hypermétropie, astigmatisme, presbytie), éventuellement scanner de la rétine. L’orthoptiste intervient en amont d’une visite chez le médecin qui prescrira un traitement et/ou un équipement optique (lunettes avec verres correcteurs ou lentilles de contact). Depuis le décret du 24 avril 2020, l’orthoptiste réalise des examens de la vue dans le cadre du renouvellement d’une ordonnance sous certaines conditions (classe d’âges et date de validité des prescriptions).

Pourquoi choisir le métier d’orthoptiste ?

Le métier d’orthoptiste présente de nombreux avantages :

  • Diversité et richesse des missions techniques et scientifiques : bilans, examens de la vue, rééducation, conseils pour des patients de tout âge et toutes pathologies ;
  • Métier qui a du sens (restaurer la vision) et qui se fonde sur l’humain (forte dimension relationnelle basée sur la confiance) ;
  • Possibilité de choisir les modalités d’exercice de son métier : en libéral, en clinique, dispensaire ou institut, en centre hospitalier. Mais aussi à domicile ou ponctuellement pour des missions de dépistage dans des crèches, haltes-garderies, écoles, maisons de retraite… Possibilité d’exercer sa profession partout en France (à Paris, à la ville comme à la campagne).
  • Secteur dynamique et en plein développement dû à l’augmentation du temps d’écran et au vieillissement de la population. Les besoins en soins d’orthoptie augmentent chez les enfants et chez les personnes âgées, notamment pour les patients atteints de DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge). Les professionnels travaillant sur ordinateur sont également de plus en plus concernés par des troubles visuels liés à une déficience des muscles oculaires ;
  • Travail en collaboration avec l’équipe médicale et paramédicale (ophtalmologiste, opticien, médecin, pédiatre…) avec prise en charge des soins par la Sécurité sociale.

Quelles qualités pour être orthoptiste ?

Comme pour tout métier, certaines aptitudes et qualités sont nécessaires pour s’engager dans la profession d’orthoptiste. Celui-ci doit tout d’abord avoir le sens du contact et de l’écoute pour conduire une anamnèse et faire preuve de polyvalence pour prendre en charge tous les troubles oculaires.

De même, le praticien explicitera les exercices avec pédagogie et bienveillance pour inciter ses patients à les réaliser régulièrement et efficacement. Avec patience, il assurera le suivi du traitement qui comporte souvent de nombreuses séances de rééducation. Le bilan orthoptique lui-même réclame une consultation assez longue. Il aura aussi particulièrement besoin d’empathie et de psychologie pour prendre en charge les enfants et les victimes d’accident. Mais aussi les personnes ayant subi une intervention chirurgicale réfractive ou oculaire qui viennent le consulter pour une rééducation post-opératoire. Leur prise en charge nécessite une bonne connaissance des pathologies rétiniennes (rétinopathie diabétique, décollement de rétine), des troubles du nerf optique, de la malvoyance et de la basse-vision.

Ensuite, l’orthoptiste mobilise toute sa rigueur et sa précision scientifiques et techniques en vue d’émettre un diagnostic et proposer un traitement adapté.

D’une manière générale, il est rigoureux et précis, car l’œil nécessite des mesures et des gestes minutieux.

Comment devenir orthoptiste ?

Comment intégrer la formation d’orthoptiste ?

Pour suivre des études d’orthoptie, il faut être titulaire du bac ou équivalent. Les profils de spécialité scientifique (maths, physique-chimie, SVT) correspondent le mieux à la formation d’orthoptiste.

Les demandes d’inscription se déroulent via Parcoursup où chaque candidat saisit son dossier en ligne et postule dans les établissements de son choix. Il existe 16 instituts de formation rattachés à une faculté de médecine. Une fois leur vœu validé et accepté, les étudiants passent un entretien ou un examen d’aptitude (deux épreuves de 2h en biologie et physique, et un entretien devant un jury).

À l’heure actuelle, il n’existe pas de passerelle entre le BTS opticien-lunetier et la formation d’orthoptiste, mais les étudiants en provenance des filières de l’optique ont davantage de chance d’admission lors de la sélection. L’opticien qui projette une reconversion dans les métiers paramédicaux présente donc un profil privilégié pour accéder à la formation d’orthoptiste.

Le programme des études pour devenir orthoptiste

Les études d’orthoptie se déroulent uniquement en formation initiale (présentiel) sur 3 ans (6 semestres). Elles comprennent des travaux dirigés (TD), des cours magistraux et des stages (1 400 heures).

Les programmes abordent généralement (légères variations d’une université à l’autre) :

  • 1ʳᵉ année : anatomie, physiologie de l’œil, optiques théorique et physiologique, pathologie oculomotrice (strabismes incomitant et concomitant), neuropsychologie, instrumentation et exploration de l’oculomotricité, méthodes d’examen, santé publique et éthique médicale, techniques pléorthoptiques ;
  • 2ᵉ année : notions élémentaires de statistique, anatomie, optiques théorique et physiologique, neurophysiologie de la vision, optique, pathologies ophtalmologiques, apprentissage et psychopathologie, instrumentation, méthodes d’examen, techniques pléorthoptiques ;
  • 3ᵉ année : anatomie, optique, physiologie, instrumentation, pathologies ophtalmologique et générale, neuropsychologie, méthodes de rééducation de la basse vision, techniques d’examens complémentaires et électrophysiologiques.

De plus, les étudiants suivent des cours de psychologie durant les trois années : évolution affective de l’enfant, psychologie de l’enfant inadapté, notions de psychologie pratique à l’usage de l’orthoptiste.

L’obtention du certificat de capacité d’orthoptiste

À l’issue de ses 3 années d’études, l’étudiant présente un examen final composé de :

  • Épreuves écrites : optique, anatomie physiologie et pathologie de l’appareil oculomoteur et son traitement par les techniques orthoptiques, psychologie et pédagogie ;
  • Épreuves orales : interrogation sur le rôle social de l’orthoptiste, son domaine, ses limites, la psychologie et la pédagogie. Exposé oral après examen d’un sujet atteint d’un trouble relevant d’un traitement orthoptique. Démonstration d’un appareil d’examen ou de traitement orthoptique.

En cas de succès, il obtient le certificat de capacité d’orthoptiste qui vaut au grade licence.

Les débouchés après les études d’orthoptiste

Une fois le certificat de capacité d’orthoptiste obtenu, le jeune diplômé peut intégrer immédiatement le marché du travail. L’insertion professionnelle est aisée car les offres d’emploi sont nombreuses et variées partout en France, en clinique ou à l’hôpital. Une deuxième possibilité consiste à exercer en libéral et ouvrir son propre cabinet. Après 4 ans d’expérience, l’orthoptiste peut passer le concours de cadre de santé.

D’autre part, après son diplôme initial, ou à tout moment de sa carrière, les orthoptistes peuvent choisir de poursuivre ou reprendre des études pour approfondir leurs connaissances et compétences. Ils accèdent alors à des formations en DU (diplôme universitaire) ou en master professionnel. Ces formations se déroulent en alternance et peuvent donc être suivies tout en poursuivant son activité professionnelle.

Le salaire de l’orthoptiste

Les orthoptistes de la fonction hospitalière touchent en moyenne 1 828 € brut par mois. Ceux exerçant dans les établissements et services pour personnes inadaptées et handicapées perçoivent un salaire médian de 1 790 €.

D’autre part, les revenus d’un orthoptiste libéral varient en fonction de l’importance de sa clientèle et peuvent atteindre 3 000 €. Les honoraires des orthoptistes sont définis par la caisse d’assurance maladie.

Les chiffres clés de l'iso

Les chiffres clés de l'iso

1988

Création
de l'iso

9

écoles et CFA
en france

15 000

étudiants
& diplomés

100%

taux
d’employabilité