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BTS OL à distance : un tremplin pour les reconversions

Le 11/01/2022

Pour parler de la première session du BTS OL à distance à l’ISO, nous avons interrogé Benoît Schleifer, étudiant en reconversion. Son enthousiasme et sa motivation à se former au métier d’opticien est un modèle de résilience et d’engagement. Nous lui avons posé quelques questions sur son parcours, sa scolarité actuelle et ses projets professionnels.

Il n’y a pas d’âge pour se reconvertir en optique !

Se reconvertir vers un métier de la santé

Cette première session du BTS OL à distance comporte un effectif de 15 étudiants âgés de 22 à 47 ans. Nous avons tous des profils très variés.

Nous sommes 5 à avoir plus de 40 ans et tous très motivés par notre reconversion, car elle est un choix mûrement réfléchi.

Personnellement, j’ai fait un long travail sur moi-même avant de me décider. Mon envie de reconversion remonte à plusieurs années déjà, mais je n’ai pas franchi tout de suite le pas. Je ne trouvais plus d’utilité dans mon ancien métier. Je me donnais à fond, mais je n’en retirais plus de satisfaction. J’ai pris conscience qu’il fallait que je me recentre sur mes besoins.

Tout d’abord, j’ai effectué un bilan de compétences qui m’a montré que je disposais de beaucoup d’atouts qui ne demandaient qu’à être mobilisés. Ensuite, j’ai mené un travail personnel pour déterminer vers quel métier je pourrai m’orienter.

Et rapidement j’ai pensé à un métier d’aide, d’accompagnement, un métier qui fait sens, un métier manuel et technique aussi.

Comme dans ma famille nous sommes tous porteurs de lunettes et que nous fréquentons souvent l’opticien pour les besoins des uns et des autres, j’ai pensé aux métiers de l’optique.

Enfin, je me suis renseigné sur les formations, et j’ai rencontré de nombreux professionnels. Initialement, j’avais projeté de m’inscrire en BTS en alternance pour des raisons financières. Mais en analysant bien ma situation géographique et familiale, j’ai opté pour cette nouvelle formule du BTS OL à distance. Et pour moi, c’est l’idéal !

Comment financer sa formation d’opticien dans le cadre d’une reconversion ?

Étant toujours salarié dans un premier temps, je suis passé par Transition pro pour ma demande de financement. Il existe plusieurs possibilités, donc il faut se renseigner auprès de sa région et vérifier l’éligibilité au CPF.

Cette procédure est assez longue et suit plusieurs étapes :

  • montage du dossier,
  • commission de décision,
  • demande de congés auprès de son employeur…
  • avoir fait un bilan de compétence et rencontré de nombreux professionnels du métier visé (atout supplémentaire pour l’acceptation du financement)

Au final, il faut s’y prendre minimum 6 mois à l’avance. Par ailleurs, on peut avoir recours à un conseiller en évolution professionnelle, car son avis est important pour la concrétisation et la validité de la démarche auprès de Transition Pro. À noter qu’en principe seule l’année certifiante est financée (à voir au cas par cas). Il y a de nombreuses réunions d’information et d’aide au montage du dossier réalisées par Transition Pro dans chaque région. Cette modalité a plusieurs avantages :

  • maintenir son salaire,
  • financer une partie de sa formation,
  • rester salarié (en cas d’échec, on retrouve son emploi).

D’autre part, les demandeurs d’emploi ont la possibilité de faire financer une partie de la formation, via Pôle Emploi. Dans ce cas-là, la procédure comporte différentes étapes : rencontres avec un conseiller, stage de découverte, montage de dossier pour être sûr de la concrétisation de la demande. D’une manière générale, il existe des aides de retour à l’emploi et des aides de financement à la formation. Pour ma part, comme je suis entré en formation avant de m’inscrire à Pôle Emploi, je n’ai eu le droit à aucune aide. Mais la législation évolue constamment, donc il faut se renseigner pour être à jour des dernières dispositions.

Quelles sont les avantages de la formation d’opticien à distance pour les reconversions ?

Une organisation pédagogique qui maximise les apprentissages

Habitant en Savoie, je peux suivre mes cours à distance tous les matins et effectuer les travaux pratiques regroupés en 5 semaines sur 2 ans à l’ISO Lyon. Il faut compter aussi une semaine pour les examens de fin de 1ère année. Ainsi, je gagne du temps et de l’énergie. Et je peux continuer à être présent pour ma famille. Très peu poursuivent une activité salariée en demi-journée pour se financer. Nous avons 3 cours d’1h15 les matins et les après-midis servent à revoir les notions abordées et à faire les exercices demandés (environ 2h30 de travail personnel).

Nous formons un groupe d’étudiants très soudés et nous nous entraidons régulièrement. Nos différences d’âge et de parcours ne comptent pas, car nous sommes motivés pour réussir.

Je me sens nettement plus à l’aise dans ce type d’ambiance de travail plutôt qu’en présentiel. J’avoue que cela m’aurait fait un peu bizarre de côtoyer des jeunes sortant tout juste du lycée. Avec les enseignements à distance, il n’y a pas de décalage générationnel. Tout le monde est à l’aise et se sent accepté dans le groupe. Je pense que le niveau de maturité n’est pas le même. Notre mixité fait notre richesse dans le cadre de notre projet de reconversion.

Nous nous retrouvons tous ensemble avec un objectif très clair :

Devenir opticien et vivre notre métier en nous épanouissant professionnellement.

Reprendre les études fait peur, mais l’expérience et la motivation facilitent les apprentissages

Ce n’est pas forcément évident de reprendre les études quand on a 47 ans. Par exemple, j’avais une appréhension en maths. Même si j’ai un profil scientifique, cela faisait presque 30 ans que je n’en avais pas fait ! À ma grande surprise, je ne me suis pas senti spécialement en difficulté. Je ne dis pas que c’est facile, mais grâce à notre prof de maths, j’ai pu progresser de façon satisfaisante. Cette enseignante est géniale, elle aime sa matière et sait nous la transmettre. C’est un atout formidable pour nous ! Les autres matières étant nouvelles, je n’avais pas d’appréhension particulière.


L’enseignement global est très qualitatif, les professeurs sont très disponibles et soucieux de notre réussite. On nous encourage et nous félicite régulièrement, ce qui augmente notre confiance en notre capacité de réussite.

Encore une fois, si j’avais été en présentiel avec des bacheliers à dominante scientifique, j’aurais peut-être eu moins confiance en moi. Avec notre classe d’adultes en reconversion, nous avons des problématiques et des appréhensions communes. Cela nous permet de gagner en confiance, car on se comprend et on peut s’entraider sans se juger.

Globalement, nous sommes autonomes dans notre travail. Nous n’avons pas besoin qu’on nous relance ou qu’on nous rappelle constamment ce que nous avons à faire. C’est le privilège que nous a donné notre expérience professionnelle passée ! Même les plus jeunes d’entre nous sont organisés et autonomes. C’est ce qui nous permet aussi de savoir quand nous avons vraiment besoin d’aide et de nous partager ce qui peut être partagé. Ainsi, nous gagnons beaucoup de temps avec cette organisation collective.

Des interactions professeurs/élèves très riches

Au moment de mon projet de reconversion, le BTS OL à distance n’en était qu’au stade embryonnaire. Au début, je projetais de m’inscrire en alternance ou en présentiel. Cette nouvelle modalité d’enseignement m’a immédiatement séduit. Certains enseignants avaient peur de reproduire le contexte des cours à distance pendant le confinement. Au final, ils ont eu la bonne surprise de constater que l’ambiance avait évolué. Les étudiants de notre groupe se connectent sans faute, ils laissent leur caméra allumée, sont attentifs, participent. On est loin des écrans noirs avec juste les prénoms d’afficher.

En fait, on a envie d’être là où nous sommes. Nous mesurons notre chance de pouvoir suivre un enseignement de qualité dans des conditions optimales pour nous et notre famille.

Le BTS OL à distance est une chance de réussir notre reconversion.

Les enseignants sentent cet enthousiasme et il les porte eux-aussi dans leur envie de transmettre.

Il n’y a pas cette barrière élèves professeurs. Il y a toujours du respect bien sûr, mais avec une forte interaction entre toutes les personnes présentes. Bien souvent, nous anticipons les programmes prévus. Nous cherchons souvent à aller plus loin, car nous nous projetons plus facilement sans doute que des jeunes de 18 ans.

Du fait qu’on soit tous en reconversion, qu’on ait 20 ou 40 ans, on est tous copains de classe. On ne peut pas « se planter », car c’est notre avenir professionnel qui est en jeu : on doit saisir notre chance maintenant. Et on se motive tous ensemble. Actuellement, on vient d’élire les délégués et j’ai la chance d’en faire partie. Mon activité professionnelle m’a permis de participer à la vie de mon entreprise en faisant partie du Comité Social Economique en tant que représentant syndical, et je me suis engagé comme parent délégué pour suivre l’éducation de mes enfants. J’ai donc une certaine expérience dans ce domaine ! Le dialogue est essentiel et il ne faut pas avoir peur de se dire les choses. C’est comme cela qu’une discussion est riche, et que nous pouvons tous avancer dans le bon sens.

Quels sont vos projets professionnels à l’issue de votre BTS OL ?

Dans mon ancien métier, j’avais l’impression de tourner dans le vide.


Avec le métier d’opticien je renoue avec l’humain. J’ai besoin de me sentir utile, d’être dans le concret. L’opticien apporte du confort aux patients, il y a un vrai échange et un résultat immédiat.

L’aspect manuel et technique me plait énormément. Je retire de la satisfaction à façonner un objet pour qu’il s’adapte au plus près des besoins d’une personne.

Je sais que je souhaite exercer dans une boutique d’optique à échelle humaine. Ce qui m’intéresse le plus c’est le soin à la personne, plutôt que le management ou la gestion. D’ailleurs, je pense probablement poursuivre en Licence professionnelle d’optique après mon BTS OL pour devenir optométriste et assurer des examens de la vue avec des compétences renforcées. De plus, j’aime beaucoup les lunettes en tant qu’accessoires de mode. Je trouve qu’elles expriment quelque chose de nous, de personnel, et d’unique. J’aimerais pouvoir accompagner les patients dans cette recherche individuelle.

Je vais poursuivre la deuxième année du BTS OL à distance. Il faut arriver à trouver le bon compromis entre études / travail / vie de famille / situation financière.

 

Les chiffres clés de l'iso

Les chiffres clés de l'iso

1988

Création
de l'iso

9

écoles et CFA
en france

15 000

étudiants
& diplomés

100%

taux
d’employabilité